L’énième résurrection de Scott Mescudi

Samedi 30 septembre, Kid Cudi lançait son “Passion, Pain & Demon Slayin” tour à Philadelphie et effectuait sa première performance live depuis sa désintox d’automne dernier. Si le talent du rappeur originaire de Cleveland ne faisait aucun doute, sa capacité à exécuter une performance live digne de ce nom pouvait en revanche paraitre moins évidente. Pourtant, lors de la cinquième date de tournée, à New York, Kid Cudi a balayé les doutes et les critiques en délivrant une performance à la hauteur de ce que l’on attend du protégé de Kanye West.

 

Kid Cudi se produisait sur la scène du Summerstage, en plein cœur de Central Park. Un cadre assez exceptionnel dans lequel le temps d’attente pour arriver face à la scène se compte en heures. L’arrivée de Cudi est surprenante. Souriant et proche du public, le show commence avec le rythmé Baptized In Fire l’un des singles du dernier album sur lequel apparait également Travis Scott. Dans le même style, Frequency puis Releaser font monter une ambiance qui a du tout de même du mal à décoller. Il poursuit avec des titres de Man On The Moon II, Revofev et Marijuana qui, malgré leur aspect plus dansant, laissent le public américain de marbre, smartphones greffés aux mains. La très bonne arrivée de King Chip pour Just What I Am puis Brothers lance réellement le show. Le ton hip hop est lancé et Cudi, déjà libéré, offre une performance de plus en plus généreuse. Il enchaine avec By Design (feat. Andre 3000), Kitchen, Mr. Rager puis réussi finalement à faire sauter le public américain en entonnant les premières notes de Through de Late Night, un titre de Travis Scott sur lequel il apparait. C’est à ce moment que Cudi décide de s’arrêter quelques minutes pour remercier les fans présents, tout en expliquant que l’année passée fût l’une des plus difficiles de sa vie. Son profond discours se termine avec un « We’re in this together ». Exempt de toute tendance suicidaire et dépressive, je passe mon tour et me contente d’applaudir discrètement. La fin du show est assez impressionnante, de Rose Golden (feat. Willow Smith) à Cudi Zone, en passant par le banger de Kanye West, Father Stretch My Hands, Kid Cudi clôture sa date new-yorkaise avec deux de ses plus grands succès : Pursuit of Happiness puis Surfin.

 

Intéressant fût-il d’assister à la performance de l’un des rappeurs les plus torturés du game. On se souvient du surprenant du 5ème album studio de Cudi, Speedin’ Bullet 2 Heaven, sorti en décembre 2015, qui n’a pas fait l’unanimité. A base de productions dignes d’un album de rock indépendant, l’album était une tentative selon lui, d’exprimer ce qu’il n’avait pu exprimer durant tant d’années et de s’essayer à un style différent : « C’était un projet. Un réalisateur ne va pas tout le temps faire le même film. Un auteur ne va pas écrire le même style de roman toute sa vie » disait-il. Mais la critique fût virulente, et c’est d’ailleurs face à celle-ci qu’il décida de noyer tout espoir de voir apparaitre le très attendu Man On The Moon III. Plusieurs mois de désintox plus tard et après avoir clashé une bonne partie du rap game via les réseaux sociaux, Cudi sort Passion, Pain & Demon Slayin le 16 décembre 2016. Travaillé, élaboré et touchant, cet album tombe à pic. Il ne restait à Cudi plus que de réussir à transmettre cette nouvelle vibe positive à travers une tournée. C’est chose faite. L’énième résurrection de Scott Mescudi.

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