BKL Summer Trip : Les Ardentes de Liège

 

Des nuages de poussière, une affluence record, un cadre idyllique et un line up à faire pâlir Live Nation. Non nous ne sommes pas dans le désert du Coachella Festival, mais bel et bien en bord de Meuse à la 12e édition des Ardentes de Liège. Durant quatre jours intenses le parc Astrid vit se produire de la trap d’Atlanta au grime londonien de Skepta, de la Dabka revisitée du Syrien O Souleyman au riche rap de la scène francophone.

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Jour 1 :

Le soleil est au zénith et des nuées de festivaliers prêts à se faire autant de bien que de mal, dans les pogos, affluent de toutes les artères de la cité ardente. A peine franchit les barrières vers 16h, le festival belge démarre fort avec Playboi Carti qui, bien qu’en retard de plusieurs dizaines minutes, retourne Wallifornia Beach à renfort de basses et de sons qui poussent, les un plus que les autres, aux pogos. Rapidement des nuages de poussière, car le lieu n’a de plage que le nom, s’élèvent et rendent parfois même irrespirable la scène. Toutefois, le natif d’Atlanta assure une performance qui ravit la grande majorité des milliers de festivaliers présents. La fin du concert donne lieu à un déplacement de masse des festivaliers qui longent la Meuse afin de rejoindre Le Parc, la grande scène des Ardentes, pour voir performer Kalash. Le public entonne alors d’une seule et même voie Mwaka Moon. Le temps est radieux et déjà la Jupiler coule à flots. Quelques dizaines de minutes plus tard c’est Vald qui vient passer le bonjour et faire turn up Wallifornia Beach : Désaccordé, Deviens génial, ses récents succès et quelques-uns des incontournables du rappeur d’Aulnay conquièrent le public venu en nombre.

Les aficionados de reggae purent ensuite apprécier le talent et l’énergie de Damian Marley qui entraîna le public du Parc à Kingston le temps d’un concert. Par la suite, certains décidèrent d’aller voir Rilès. Nous avons préféré parcourir la « Route des saveurs », sorte d’alignement de stands entre les deux scènes principales. Il faut souligner que, les prix exorbitants des boissons mis à part, le festival est sous tous les points excellemment organisé et spatialement bien réparti.

Mais celui qui est le plus attendu de la journée c’est bel et bien Damso. Il arrive sur scène à 21h30 et met tout le monde d’accord. L’ambiance est alors incroyable et les Belges qui s’apprêtent à jouer le quart de final contre le Brésil ne font qu’un lorsqu’ils reprennent tous ensemble les paroles du rappeur bruxellois. Il commence par jouer quelques-uns de ses premiers succès, Débrouillard, Périscope ou encore Quedelavie, puis amorce progressivement une remontée chronologique qui le voit interpréter des morceaux d’Ipséité et de Lithopédion. La scène du Parc est littéralement comble et c’est un océan de festivaliers qui reprend avec énergie les sons sans s’en fatiguer. C’est ensuite au tour du concert de Caba et JJ, qui se tient à l’autre bout du festival. Là-bas, la foule était tellement dense que la sécurité en vint à en refuser l’accès à plusieurs centaines de festivaliers malchanceux. Enfin, pour clore cette journée d’ouverture c’est le groupe N.T.M.. Il prit d’assaut les Ardentes et délivra une performance qui ravit un public hétérogène où les pogos firent place à la contemplation d’une prestation qui ravit tout le monde. 

Jour 2 :

Le deuxième jour c’est jour de matches et d’affrontements. En effet, le festival a eu la bonne idée de diffuser France-Argentine et Brésil-Belgique sur grand écran. Or, les vainqueurs de ces deux matches doivent se rencontrer en demi-finale et de là le pays du seum, en devenir, se sentit poussé des ailes. Nous commençâmes par le concert de Swing, suivi de celui de l’Or du commun. Des pogos à foison, des morceaux inédits et une énergie folle, rythmèrent ces 2h de rap belge. Petite pause lors du concert de 6LACK dont le rap s’inscrit plus dans la mélancolie. Il effectua une belle prestation lui aussi malgré un public chauffé à blanc et ne demandant pas forcément ce style alors. Mais c’est bien à Wallifornia Beach qu’il fallait être ce jour-ci. Premièrement pour le passage du membre d’ASAP Mob, ASAP Twelvyy. Le New-Yorkais a apporté d’outre-Atlantique un flow ineffable qui a transcendé la foule tout au long de son concert. Il allia judicieusement des morceaux de son dernier album, 12, avec des titres de son crew : Walk on Water, Hella Hoes, RAF, Youn N***a Living ou encore Yamborghini High. Le public, plus que réceptif, ne semblait pas regretter d’avoir quitté le concert de 6LACK plus tôt. Deuxièmement, car Tekashi 6ix9ine venait à sa suite. Je ne vais pas m’étendre, mais il a clairement et simplement retourné Wallifornia. Le concert fut un pogo géant et le rappeur, également originaire de New York, déploya une énergie palpable.

Le soir venu c’est Wiz Khalifa qui, à grand renfort de visuels et de merchandising liés à cette plante récemment légalisée au Canada, mais aussi et surtout par la diffusion de morceaux plus classiques les uns que les autres, conquit un public qui ne demandait qu’à finir sa journée sur ces notes californiennes.

Jour 3 : 

Troisième jour : des hématomes pour tout le monde, des côtes fêlées pour certains, des dents en moins pour d’autres. Les deux premiers jours ont déjà fatigué les corps des festivaliers, mais l’énergie est toujours présente. Ce samedi commence fort avec le passage de Night Lovell. Le rappeur et compositeur d’Ottawa assène le public de morceaux tels que Contraband, Jamie’s Sin, Joan of Arc ou encore Boy Red pour notre plus grand plaisir. D’autant plus que de bons groupes venus pour en découdre et qui n’auraient manqué la venue de Shemar Paul, son vrai nom, tournoient et s’entrechoquent de bonne heure. Ninho arriva une heure plus tard. Son passage très attendu en déçut plus d’un. Manque de dynamisme, un backer qui n’était pas à la hauteur et une ambiance qui n’a pas prise concoururent à décevoir les attentes du public. A contrario, Niska a lui proposé un concert de qualité ou ces freestyles autant que ces dernières réussites ont clairement emporté le public de Wallifornia.

Le soir regorgeait de noms qui avaient de quoi mettre l’eau à la bouche : Lil Pump, Orelsan et… Omar Souleyman. Le premier fit un concert dans l’ensemble très réussi malgré un long moment où il menaça d’arrêter tout, car le public ne lui permettait pas de se tenir debout dans la fosse selon lui. Ensuite se chevauchait le concert d’Orelsan que l’on ne présente plus et celui d’Omar Souleyman que l’on ne présente jamais. Pourtant nous décidâmes de rejoindre le concert de ce dernier. Là une scène plus modeste, mais comble de plusieurs centaines de festivaliers, les plus déterminés. Ce fut une expérience incroyable où s’entremêlait semblant de danse syrienne, pour les plus avertis, pogos et même une chenille sur des morceaux effrénés de parfois plus de quinze minutes, pour les autres. Une heure de pur bonheur, partagé avec des inconnus qui unanimement ne connaissaient rien à la musique traditionnelle syrienne, mais qui ce soir là avaient fait un arbitrage plus que judicieux.

Jour 4 :

Sunday evening, watch out the Ardentes behind you. C’est le dernier jour, mais pas des moindres. On commence par le concert de Moha La Squale qui n’enchante pas grand monde et il déçoit même, car il crie plus qu’il ne chante et cela sur plusieurs de ces morceaux. Un jour sans pour le rappeur le plus prolifique de 2018. Passer à côté de son concert ce ne fut pas le cas de Bhad Babie. La rappeuse états-unienne propose un rap incisif et puissant qui ne sort pas des classiques beats et flows de la trap mais qui a le mérite d’offrir une prestation percutante.

Nous avons manqué l’excellent The Internet, mais nous avons put voir Skepta. Le londonien, un problème de micro mis à part, a fait souffler un vent frais directement venu d’outre-Manche sur le Parc. Lean 4 Real, Shutdown, Praise the Lord et It Ain’t Safe auraient suffi à faire amplement le travail. Mais non, le premier représentant de la grime en donne pour leur temps aux milliers de festivaliers massés devant la scène. Une véritable réussite. En clôture, ce sont ni plus ni moins les Migos. Une heure de retard, mais une performance qui sut combler les attentes du public venu en nombre. Succès sur succès, le concert se déroule parfaitement. Le seul point noir, c’est un Takeoff neurasthénique qui semblait avoir vidé plus d’une bouteille de Sprite avant son arrivée sur scène.

En définitive, les Ardentes 2018 est une édition qui fait déjà date. Des prix abordables pour un line up et un cadre exceptionnel. Les Belges n’ont pas tout perdu, il leur reste un formidable festival.

 

📝 Yoann Rogalski

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