Show Recap : Kamaal Williams, entre rythme syncopé et mélodie envoutante

A la croisée de deux underground musicaux parmi les plus présents dans la capitale britannique, le jazz électrique et funky et le « garage continuum », où sont nés plusieurs musicaux comme le broken-beat ou la dubstep, Kamaal Williams aka Henry Wu fait figure d’avant-gardiste dans sa manière d’appréhender la musique. Si son projet Yussef Kamaal (en collaboration avec Yussef Dayes, certainement l’un des projets musicaux les plus passionnants de 2017) est bien connu des amoureux du jazz, Kamaal Williams est aussi l’une des figures les plus respectées et emblématiques de la mouvance house et Lo-fi anglaise sous son pseudonyme Henry Wu.

Fils d’un anglais et d’une immigrée chinoise, Kamaal Williams grandit dans le quartier de Peckham, au sud-est de Londres, connu dans les médias britanniques pour son taux élevé de criminalité. Plusieurs communautés se côtoient : des communautés nigérianes, vietnamiennes, indiennes etc. Au cours de sa jeunesse, le quartier change, du fait de la gentrification de la capitale et de l’arrivée massive d’étudiants et de familles londoniennes venues échapper à ce phénomène. Une nouvelle culture musicale s’importe, le rock ou même le jazz, et vient se mélanger aux sonorités grime, reggae et garage de l’underground anglais. Par conséquent, des salles de concerts, des bars et des clubs émergent pour profiter de cette effervescence musicale. C’est dans ce contexte que le jeune Kamaal Williams, développe ses deux univers musicaux : d’un côté, il se passionne pour le jazz dans des clubs du quartiers, en collaborant avec d’autres musiciens. De l’autre, il s’initie aux musiques électroniques, produit des sons sous l’alias Henry Wu notamment il a peu sur le label de Motor City Drum Ensemble, MCDE recordings.

En 2015, Kamaal Williams s’associe avec le batteur anglais Yussef Dayes pour former un projet jazz d’un nouveau genre : Yussef Kamaal. Ayant baigné dans l’univers underground anglais autour de la drum&bass, du grime ou de la dubstep, les deux musiciens retravaillent le jazz-funk des années 70 en lui apportant une forte élasticité. Leur premier album, intitulé Black Focus, sorti en 2016 sur le label de Gilles Peterson Browswood Recordings, a connu un énorme succès puisqu’il a reçu l’année suivante le  Jazz Fm award pour la Révélation de l’année. Cette même année le duo se sépare.

En 2018, Kamaal Williams revient avec son premier album solo, intitulé The Return, comme pour montrer qu’il n’a pas fini d’émerveiller la scène du jazz londonien.

Présent à l’Aéronef à Lille, le dimanche 4 octobre dernier, Kamaal Williams a démontré tout son talent dans une atmosphère intimiste mais chaleureuse. Entouré de son batteur, l’excellent MckNasty, qui a enjoué la foule d’un sublime solo de plusieurs minutes, de son bassiste Pete Martin, ainsi que de l’immense Mansur Brown à la guitare, Kamaal Williams a offert un spectacle de haute performance, alliant rythme syncopé et mélodie envoutante.

 

📝 Maxence Bourguignon

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