Show Recap : XTRM boys pas rockstar

Un soir glacial de novembre n’a pas refréné les envies de sortir des Parisiens : Pigalle brille de ses néons et se couvre d’une foule de passants. Quelques rues et boulevards parcourus, au détour desquels nous sommes tombés sur Antoine Valentinelli, que déjà se dressent ses ailes. Nous ne parlons pas d’un énième pigeon, mais bel et bien du Moulin Rouge qui fait salle comble ce soir-là. À peine rentrés, nous découvrons un espace qui s’étend dans la longueur et qui aboutit à une fosse cerclée d’un 1er étage donnant sur la scène : on dirait presque une arène. Déjà, nombreux sont ceux qui sont torses nus ou tout simplement en train de s’ambiancer. Mais qu’importe qu’ils soient dans la fosse ou au balcon, tous crient d’une seule et même voix : « XTRM boys pas rockstar ».

 

Ceux que le public appelle et est venu voir c’est Makala, Di-Meh et Slimka. Les trois rappeurs genevois tournent avec l’XTRM Tour depuis déjà plusieurs mois, mais cette date parisienne est particulièrement savoureuse pour eux. C’est pourquoi ils se sont bien entourés en invitant plusieurs membres de Superwak, leur crew de rappeurs suisses, ainsi que des guests qui ne sont pas venus pour figurer. La salle est déjà bouillante et la fosse pleine, que le concert débute. C’est Mairo qui ouvre le cercle et joue des morceaux comme Bachay ou Madoff. Une bonne entrée en matière. Ensuite c’est au tour de Gracy Hopkins. Le MC originaire de Torcy en Seine-et-Marne retourne littéralement la scène en l’espace de quelques morceaux. D’une voix rocailleuse, et la majeure partie du temps dans un anglais ciselé, il lâche un flow porté par des basses profondes et lourdes que certains effets sonores viennent judicieusement accompagner. La première partie n’a pas commencé il y a plus de vingt minutes que les pogos se comptent déjà par dizaines.

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Gracy Hopkins achève somptueusement son passage, le calme se fait, mais l’atmosphère reste électrique. Soudain c’est Di-Meh qui apparaît sur le devant de la scène. Il est rapidement rejoint par Makala et Slimka, toujours aussi frais. De là s’enchaînent les morceaux des XTRM boys. À tour de rôle, ils alternent leur sons, mais quasiment toujours backés ensemble. Makala diffuse son flow nonchalant lorsqu’il interprète Youjizz ou encore Ginger Juice et sait se faire incisif lorsqu’il reprend son freestyle Skyrock qui met le public en transe.

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Slimka emporte avec lui l’ensemble de la salle, même les derniers réticents, dans le vortex qu’est devenue la fosse. Il interprète aléatoirement des morceaux de No Bad Vol. 1 et No Bad Vol. 2, ces deux derniers albums. Sur des prod’ toujours originales, il se montre plus que convaincant sur Desperados et Domingo. De même, le bail se fait symétrique sur Wes Anderson, son où il pourrait « kicker sec jusqu’à plus d’heures ». La célérité s’empare de lui au moment d’interpréter SupSup, Icy Twice, No Mercy ou encore Reflex, un son inédit qui n’est toujours pas sorti actuellement.

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Di-Meh quant à lui n’est pas en reste. Il frappe fort avec J’aime trop ça qui fut clairement l’un des meilleurs moments du concert. Le Suisse se fait aussi mélodieux sur Focus et encore plus sur No Stress, moment de communion entre le public et les trois performeurs.

 

Comme la première partie, le concert fut riche en guests. Ainsi, Josman vint en deux sons, dont Sourcils Froncés, montrer l’étendue de sa technique. Il imposa sa singularité avec une diction ultra-syllabique qui frappe à chaque consonne contre le crâne. Le public n’y réchappe pas et la salle s’embrase.

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L’atmosphère en est presque devenue suffocante et la température quasi tropicale. Heureusement, Caballero et JeanJass arrivent en S.L.R. et nous prennent direction la Californie. Nous avons aussi pu apprécier le flow de Krisy qui, au moment de joueur Nice, a fait sortir tout sauf des Wiko. Enfin, la Superwak est grande et talentueuse, ce que les passages de Medhi Obams et Dewolph ont confirmé.

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Les corps sont essorés par un turn up qui dure maintenant depuis plus de deux heures. C’est le moment de ce dire au revoir et déjà les premières notes de A Plus, A Ciao résonnent dans toute La Machine. Le public, qu’il soit sur scène, dans la fosse ou au balcon est en liesse. Tous ceux présents sur scène sont invités par les trois Genevois à venir sur le devant. Ce passage de l’XTRM Tour aura été plus qu’intense. Mais ce qui en ressort c’est que le rap francophone est une grande famille et qu’elle n’a pas fini de grandir.

 

📝 Yoann Rogalski

📸 roxanepeyronnenc

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