J Hus de retour avec Big Conspiracy: quand l’afrobeat et la grime se rencontrent.

Avec son second album studio “Big Conspiracy” sorti le 24 janvier 2020, J Hus s’est hissé à la première place du Top album UK malgré un leak et une promo très limitée. 

Momodou Lamin Jallow aka J Hus est un artiste de 23 ans d’origine gambienne né à Londres. Il est considéré comme l’un des pionniers d’un nouveau style musical appelé l’Afroswing. Sa musique est un mélange entre l’afrobeat, le dancehall, la trap et la grime londonienne. Accompagné par Iceè tgm, Burna Boy et Koffee en featurings, J Hus nous emmène dans les rues anglaises qui ont façonné sa personnalité et son art. Il s’agit donc de se plonger dans son univers à l’aide de quelques citations extraites de son album.

“They wanna judge me from what they heard I do. It’s a big Conspiracy. Nah nah nah it’s not true”.

En décembre 2018, J Hus est condamné à 8 mois de prison pour port d’arme blanche dans un centre commercial. Ses détracteurs pointent alors du doigt sa musique, l’accusant de jouer un rôle dans la “knife-crisis” anglaise. En effet, les rues du Royaume-Uni sont aujourd’hui la scène d’une hausse des agressions au couteau, c’est donc un thème abordé de façon récurrente par des artistes comme J Hus ou encore Stormzy. Dans le premier son éponyme de l’album en featuring avec Iceè tgm, J Hus nie de ce fait les déclarations qui l’accusent de glorifier de la violence et dénonce un complot ayant pour but de l’empêcher de produire sa musique librement. L’idée de complot est également présente dans les morceaux “Fortune Teller”, “Helicopter” ou “Must Be” dans lesquels il met alors en exergue sa peur de la police ainsi que son sentiment d’être constamment épié par les forces de l’ordre.

“How can you sleep at night, when you don’t even fight for your right  ?”

Dans le morceau “Fight for your right” qu’il a écrit durant son séjour en prison, J Hus démontre ses talents d’écriture et de storytelling. La vie étant un combat sans fin pour faire respecter ses droits, il nous raconte alors le parcours d’un jeune enfant d’immigrés grandissant à Londres, faisant face aux problèmes de la rue et à la violence policière. Les thématiques des armes à feu, des gangs et du code de l’honneur sont très présentes dans l’album, notamment dans les sons “Reckless” et “No Denying”.  On peut également observer une réelle prise de conscience du jeune rappeur: “How you gonna run the world ? You can’t even run your life”. Il met en avant sa volonté de se recentrer sur ses objectifs premiers qui sont la lutte pour les droits des noirs, nourrir sa famille et éviter de retourner en prison. 

Ensuite, le morceau “Love, peace and prosperity” démontre la place centrale de la religion dans sa vie personnelle. On y observe une lutte intérieure constante entre le bien et le mal, l’amour et la violence. En effet, ce texte traite au premier abord de femmes, de sexe et de fusils à pompe. Il cite même Sun Tzu, auteur de l’ouvrage L’art de la guerre. Cependant, au beau milieu de ce récit se cachent plusieurs références à l‘Islam comme: “I greet you with my right hand cause that’s my culture”, la main droite représentant les actes honorables, la gauche les actes répugnants. De plus, dans le son “Triumph”, l’artiste exprime sa volonté de rester lui même, Dieu lui ayant offert la vision lui permettant d’atteindre le succès. Néanmoins, il est possible d’observer la difficulté qu’il éprouve à rester lucide face à la violence qui l’entoure et le distrait dans le hood. 

Enfin, il est également important de souligner la qualité des featurings dans l’album. Tout d’abord, les fans n’ont pas manqué de mettre en avant la complicité et la complémentarité entre J Hus et la mystérieuse et talentueuse Iceè tgm sur les deux premiers morceaux de l’album. Inconnue jusqu’à la sortie de l’album, cette dernière est au centre des débats. En effet, il se pourrait qu’elle soit en réalité la soeur de J Hus. Ensuite, Burna Boy a frappé fort comme à son habitude avec “Play Play”, un son dansant à propos d’une femme amoureuse d’un gangster. Pour finir, on peut dire que J Hus a offert un hit à Koffee avec le son “Repeat”, mariage parfait entre l’afrobeat et le reggae. Présente sur les deux couplets, la jeune artiste jamaicaine chante à propos du succès qu’elle connaît depuis 2018.

En conclusion, J Hus signe un retour gagnant avec “Big Conspiracy”. A travers des sonorités afrobeat et rap, il dépeint de manière crue sa vision de la vie dans la rue. On y retrouve des sons dansants, ainsi que des sons plus profonds délivrant un réel message, symbolisés par le titre du dernier morceau de l’album: “Deeper than rap”.

Mathieu Lapeyre

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