Mister Fifou : Derrière l’objectif du plus célèbre photographe du rap français.

Ce samedi 19 novembre, on a rencontré Fifou, lors d’une masterclass au FLOW à Lille. Une heure et demie de conférence et d’échanges, au cours desquels Brook’Lille a pu retracer son parcours et ses ambitions, en ne perdant jamais de vue ses deux passions : le rap français et l’image. Retour sur cette rencontre inspirante…

Zoé Pierre-Ober

« Le photographe aux mille pochettes ». 

Pour celles et ceux qui se demanderaient, Fifou, c’est le photographe et le directeur artistique de tes rappeurs préférés ; et ça depuis plus de vingt ans maintenant. Car Fifou est prolifique : PNL, Dinos, en passant par SCH, PLK, JUL, mais aussi Youssoupha ou Kalash Criminel, il est l’homme derrière plus de huit-cents pochettes d’album de rap.

Mais c’est un peu par hasard qu’il a tracé sa voie, puisqu’à l’origine, c’est vers l’illustration qu’il se tournait, suivant une formation d’arts appliqués. Il va alors commencer à s’intéresser en autodidacte à la photographie. La rencontre de celui qui deviendra son mentor dans le milieu, Cristophe Gstalder, signe son entrée dans la fabrique à images du rap français. Il réalise grâce à lui sa première pochette, avec Kool Shen (membre de Suprême NTM), et shoote à l’occasion pour la première fois de sa vie en studio. On est alors en 2005. Il gagne par la suite en notoriété, et assiste à l’essor du rap sur la scène française, dont il témoigne à travers sa lentille. 

Néanmoins, Fifou ne se revendique alors pas purement photographe. En effet, la retouche fait partie intégrante de son travail : au début des années 2010, les chartes graphiques assez chargées des couvertures d’album font la part belle à Photoshop. Chaque pochette est une vraie composition : Fifou préfère donc le terme de « photographiste ». 

Son livre Archives est disponible chez Clique Éditions.

« L’art de faire des pochettes punchline ». 

Avec l’affirmation croissante du rap français ces dernières années, c’est d’autant plus d’opportunités qui s’offrent à lui. Les rappeurs se préoccupent de plus en plus de leur image : ils cherchent à être écoutés, mais aussi à être vus. Leurs pochettes sont plus réfléchies, et donc plus percutantes. C’est le principe des pochettes punchline, abordé par Fifou. Une image choc. Une image qui reste gravée. Qu’il s’agisse des covers d’Imany de Dinos, ou de Sélection Naturelle de Kalash Criminel, pari réussi. 

Aujourd’hui, la nouvelle scène française le sollicite pour son travail, avec des visuels très esthétique, comme on a pu voir sur la dernière mixtape de Gazo, KMT ou encore sur l’album commun Jusqu’aux étoiles de Leto et Guy2bezbar.

Cover de la mixtape KMT de Gazo réalisée par Mister Fifou

« Rester proche de son ADN urbain ». 

Malgré sa renommée, et le fait qu’il soit devenu « une marque travaillant avec des marques », Fifou aspire à rester proche de son ADN urbain. Il compte évidemment continuer à faire des pochettes d’albums, mais il se voit bien s’ouvrir à la scénographie, ou la réalisation (il a déjà réalisé un court-métrage pour Snoop Dog, rien que ça). La scène internationale s’offre également à lui, des collaborations avec des artistes anglais sont en préparation…

C’est un homme fier de porter les valeurs et le mouvement du rap français, sachant à quel point les débuts de celui-ci étaient difficiles. Et pour lui, ce qui fait la beauté de son métier, c’est qu’il s’apprend sur toute une vie.

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